29.12.2011

La communauté du Sud Tome 3 et 4, True blood saison 3

communauté du sud tome3, mortel corps à corpsAprés " Quand le danger rôde" et "Disparition à Dallas", nous voici dans "Mortel corps à corps" à Jackson dans le Mississipi. Sookie aidée d'Eric et de la communauté des loups-garous dont le beau et musclé Halcide Herveaux, va vouloir porter secours à Bill enlevé par Lorena sa génitrice et le roi du Mississipi Russel Edington.  Des aventures sanglantes pour ce tome 3 où Sookie manquera de perdre la vie, vidée de son sang par ce cher Bill.

halcide herveaux, alcide herveaux

Parallélement dans la saison 3 de True Blood, l'histoire a le même thème : retrouver Bill chez Edington dans le Mississipi mais dérive complétement. Ce qui fait qu'on ne se lasse pas de lire et de suivre la série en même temps, le suspense étant toujours au rendez-vous. Par contre on est un peu dérouté car les évolutions des personnages ne sont pas les mêmes. Les sentiments entre Eric, Sookie et Bill se développent mais il y a plus de changements dans le livre. On apprend dans la série la vraie nature de Sookie alors que ce passage est inexistant dans le bouquin.

On peut noter aussi à partir de la saison 2, l'apparition de la reine de Lousiane Sophie-Anne Leclerc, interprétée dans la série par Evan Rachel Wood, excellente jeune actrice (à revoir ado dans "thirteen") et accessoirement ex-compagne de Marylin Manson.

evan rachel wood, reine des vampires, reine de louisiane, sophie-anne leclerc

Quoiqu'il en soit à la fin du tome 3 ou de la saison 3, Sookie redevient célibataire, la suite au prochain tome...

Justement dans le tome 4 "Les sorcières de Shreveport", Eric devient amnésique suite à un sort jeté par

communauté du sud tome 4, les sorcières de shreveport

une trés vilaine sorcière, il sera confié à la garde de Sookie par Pam sa fidèle progéniture et Chow son barman.

Pendant ce temps Bill est envoyé au Pérou.

Afin de libérer Shreveport des méchantes sorcières, Sookie et sa bande de vampires vont encore faire alliance avec les loups-garous et des gentilles sorcières pour un autre bain de sang. Jason lui, va se faire kidnapper par des panthères-garous, cette histoire complémentaire se retrouve fortement modifiée dans la saison 3 de True blood. N'ayant pas encore vu la saison 4, je ne sais pas ce qu'elle nous réserve.

Pour conclure dans ces tomes 3 et 4, nous retrouvons avec plaisir les aventures chaque fois différentes et peuplées d'êtres fantastiques de la pauvre Sookie, qui ferait mieux de finir religieuse dans un couvent au fin fond de la Creuse si elle veut éviter les emmerdes.

Dans le 2ème tome, il est un peu agaçant que Charlaine Harris répéte la description de ses personnages. On sait que Sookie est une blonde à forte poitrine, qu'Eric est un dieu sur pattes et Bill un beau brun ténébreux. Et dans le tome 3 et 4 ça devient franchement chiant, de même qu'elle nous resitue certains faits briévement qu'on connait puisqu'on a lu les premiers tomes. Aprés tout dans les films à suites on ne répéte pas inalassablement les mêmes choses pour ceux qui n'ont pas vu l'histoire du début, je ne vois pas pourquoi elle le fait ici. Surtout qu'on peut se projeter dans l'histoire sans savoir tout ça.

Le pureBlood devient Trueblood dans mon édition sans doute pour coller à la série, là encore c'est un peu inutile de vouloir augmenter les similitudes alors que les histoires sont différentes.

J'avais apprécié l'humour des réflexions de Sookie moins marqué dans ces deux chapitres. En même temps on peut comprendre; comment voulez-vous être drôle avec tout ce qui lui tombe sur le coin de la gueule? Dans la série l'humour est concentré sur Jason, beau garçon (encore! moi qui disait dans mon précédent post que les personnages étaient plus réalistes!) mais un peu simple, il reste  lui-même dans la saison 3.

La fidélité de la série télévisée du début diverge donc de plus en plus par rapport aux livres, du fait que des personnages secondaires voir quasi inexistants dans le livre sont mis en avant dans la série et vivent leurs propres péripéties. Si chaque saison reprend le thème central d'un tome de Charlaine Harris, il est traité de manière totalement indépendante et évolue dans un univers propre. Malgré tout on y prend toujours autant de plaisir.

26.12.2011

Zone Est de Marin Ledun

Zone Est est un thriller d’anticipation.

zone est, marin ledun

Thomas Zigler vit en 2050 dans la Zone Est, une zone autarcique créée par l’Homme et située dans l’actuelle vallée du Rhône. La population, victime d’un nano virus 40 ans plus tôt, est devenue dépendante des nanotechnologies. La nature détruite à été remplacée par la technologie, la vie en sous-sol, les centres commerciaux et les prothèses qui pallient les organes défaillants rongés petit à petit par le virus. Dans un milieu hostile et sombre, l’Homme a su s’adapter à ses conditions de vie difficiles et poursuivre son avenir organisé sur un modèle social qu’il connait et gouverné par un empire pharmaceutique. Entre Total Recall, 1984 et Blade runner, ici le transhumanisme règne en maître. Zigler, chasseur d’âme professionnel, vit des vols de données qu’il effectue sur les puces implantées à l’intérieur de ses congénères et revend à ses divers commanditaires. Lors d’une mission, il va découvrir dans les données de sa cible, la vision d’une humaine totalement biologique ce qui est inexistant et impensable depuis 35 ans.

C’est le premier roman de Marin Ledun que je lis et j’avoue avoir été séduite. Du coup j’en ai commandé d’autres au père Noël (par mail le 24 au soir, autant vous dire qu’il était content, mais comme on dit mieux vaut tard que jamais) .

J’entendais de plus en plus parler de cet auteur, je l’ai vu dernièrement au salon de Montigny et en plus il est mignon (non, non, je ne suis pas superficielle, je ne m'appuie que sur des critères rigoureux pour choisir mes lectures, ;op). J'ai donc décidé de m’y intéresser plus sérieusement. Je découvre alors son parcours, il est docteur en sciences de l’information et de la communication et a réalisé sa thèse sur les liens entre Tics, démocratie, communication politique et société marchande, mon intérêt augmente. Salarié de France Telecom pendant 7 ans, il s’intéressera ensuite à la santé au travail. Là bien sûr mon intérêt est à son paroxysme car j’ai fait mes études dans ce domaine notamment avec Christophe Desjours, Pascale Molinier, Yves Clôt et je souhaite évoluer dans le repérage et la prise en charge des risques psychosociaux. Il a co-écrit avec Brigitte Le Font le Bret (psychiatre chez France Telecom) « Pendant qu’ils comptent les morts » sur la vague de suicides qui a eu lieu dans l’entreprise.

Touche à tout, Marin Ledun jongle entre essai en sciences humaines, roman noir, thriller. Du coup ses romans sont prétextes à des constats amers sur nos sociétés contemporaines. En plus il vient de la région Rhône-Alpes (non, non, je ne suis pas non plus chauvine), il aime le punk, le rock et le métal et visiblement c’est un bon vivant qui aime rire, comme moi quoi.

Haaa Marin, Marin,… ton océan provoque un tsunami dans mon cœur, vient m’engloutir toute entière… Oui je dis n’importe quoi mais c’est Noël, j’ai abusé des bonnes choses, que Santa Claus me pardonne (Et Tim Burton aussi pour cette infidélité, mais que n’y puis-je?, ma nature est d’être femme de plusieurs hommes)

Pour en revenir à des propos plus littéraires, l’histoire de Zone Est que j’ai donc beaucoup appréciée, sert d’alibi à sa diatribe sociologique. Elle est bien construite et nous tient en haleine jusqu’au bout.  Petite critique tout de même, certains passages de bataille ou d’armement sont un peu longuets à mon goût. Les scènes de cul entre Sylia et Zigler ou les pensées lubriques de ce dernier, bien que brèves, n’apportent pas grand-chose au récit, une aurait suffit après on peut imaginer.

Un truc qui m’a titillée aussi pourtant c’est vraiment anodin et minime dans le roman, par trois fois l’auteur décrit les seins des deux héroïnes comme « lourds ». J’ai horreur de cette expression « sein lourd » ; il aurait pu trouver trois qualificatifs différents quand même. En tant que propriétaire de seins, j’espère bien qu’ils inspirent plus d’émotions et de sensations que d’être lourds ! C’est pas beau, Bouuuuh, vilain, vilain ! Marin tu seras puni, tu rédigeras une ode de 3 pages sur les seins et sans te répéter ! Et je veux bien servir de Muse, si c’est pour la bonne cause hein ça va de soi !

Mais n’allez pas croire après ça que c’est un roman érotique ou une histoire de guerre. Ce n’est rien de tout ça et c’est franchement bien.

25.12.2011

Joyeux noël

Entre foie gras poêlé et coquilles Saint-jacques, j'en profite pour vous souhaiter un joyeux noël et d'excellentes fêtes de fin d'année.

noel.jpg

23.12.2011

Seemann (le marin)

Je me suis rendue compte ce matin que mon blog était silencieux, je ne vous ai encore jamais parlé de mes goûts musicaux qui sont tout aussi omnivores qu'en littérature.

Remédions vite à cette lacune avec la chanson Seemann du groupe allemand Rammstein qui figure sur leur premier album Herzeleid en 1995. Dans le clip on peut aussi admirer la musculature du chanteur Till Lindemann mais là nous nous égarons...


Bref cette chanson a été reprise en 2003 sur l'album Reflections du groupe finlandais Apocalyptica featuring Nina Hagen.

J'aime la mélodie et les paroles de Seemann donc j'apprécie les deux versions. Si vous ne comprenez pas l'allemand ça vous plaira peut-être moins. Je la chante souvent n'ayant aucune pitié pour l'ouïe de mon compagnon, c'est un saccage, j'avoue mais c'est plus fort que moi.


Nina Hagen est un peu comme notre Brigitte Fontaine, c'est une icône underground et un ovni musical et biologique (elle a 56 ans et en parait toujours 30!). Sa personnalité trés forte lui vaut son succés depuis plusieurs décennies. J'admire le personnage même si je suis moins fan de sa musique. Elle a marié les genres les plus improbables à l'instar d'African reggae et reste célébre pour ses yoldes.

nina hagen, apocalyptica, rammstein, seeman

 

22.12.2011

Si c'était niais? de Pascal Fioretto

si c'était niais, pascal fiorettoMardi aprés-midi, j'entrepris un formidable aprés-midi repassage devant la montagne de fringues qui s'accumulait sur la table de la salle à manger prête à s'écrouler.

Oui mais voilà, c'était sans compter sur ma volonté défaillante, détournée du droit chemin par l'arrivée d'un colis de livres.

Quand je reçois mes commandes, c'est un peu Noêl avant l'heure. Je frétille comme un renne dans l'eau, mes yeux s'illuminent et je me jette sur le paquet pour le déchiqueter avec avidité. Comme vous l'aurez constaté, je suis lectrice omnivore,  je m'intéresse à des genres et styles différents indépendamment de la qualité littéraire dont je n'ai pas les compétences pour juger.

J'inspecte donc minutieusement chaque livre commandé et n'ai pas pu me retenir d'en lire un dans la foulée. Mon dévolu s'est donc porté sur "Si c'était niais".

Pour ceux qui ont déjà lu ou ne serait-ce qu'entendu parler de Marc Levy, vous comprendrez tout de suite qu'il s'agit là d'un pastiche mais fort bien construit.

J'ai beaucoup ri en lisant cette enquête d' Adam Seberg confronté à l'enlévement d'auteurs les plus en vogue du paysage littéraire français.

Denis-Henri levy, Christine anxiot, Pascal servan, Frédéric Beisbéger, Fred Wargas, Jean-Christophe rangé, Jean d'ormissemon, Amélie notlong, Marc levis, Anna Gavaulda ou encore Bernard Werbeux sont autant d'auteurs de best-sellers, cibles d'un mystérieux kidnappeur. Chacun en prend ici pour son grade. Pascal fioretti s'est imprégné du style et des spécificités de chacun des auteurs parodiés qui provoquent l'adoration ou le dégoût des lecteurs. Caméléon du pastiche, Fioretti nous livre ici une analyse cinglante des rentrées littéraires.

Trés amusant si on a lu la plupart des auteurs concernés - ce qui est mon cas en omnivore invetérée- sinon ce n'est pas la peine, vous ne comprendriez pas les allusions, les noms des personnages et les petites remarques assassines.

Je regrette qu'en conclusion l'écrivain soit assez condésendant envers ses confrères. La Nelly olson en moi aurait aimé une fin plus acide car finalement la critique n'est pas bien méchante sauf pour Bernard-Henri levy et Christine Angot.

20.12.2011

La dimension fantastique- tome 1 chez Librio

la dimension fantastique, tome 1, librioEntre deux lectures ce week-end je me suis accordée une pause fantastique avec ce petit recueil sous-titré Treize nouvelles de Hoffmann à Claude Seignolle. Trois autres tomes composent cette anthologie, pour l’instant je ne possède que le premier.

De manière générale le choix des auteurs s’avère plutôt pertinent avec les  piliers du genre : Maupassant, Poe, Lovecraft, Matheson,… tout en nous présentant leurs nouvelles peut-être moins connues. Je me questionne cependant sur le choix de George Sand qui ne s’est pas vraiment illustrée dans le genre fantastique au cours de sa carrière pourtant prolifique.

- L'homme au sable - E. T. A. Hoffmann : Cette nouvelle nous plonge dans la tragédie d’un homme hanté par sa terreur d’enfant. Elle fera plus tard l’objet d’études en psychanalyse notamment par Freud occultant de ce fait la dimension littéraire. Nouvelle la plus longue du recueil mais elle en vaut la peine.

- La cafetière - Théophile Gautier : A la nuit tombée les songes et les fantômes vont emmener le personnage dans un univers poétique. Il y rencontrera l’amour passionnel, insensé et éphémère.

- Le portrait ovale - Edgar Allan Poe : Un homme blessé et son domestique se réfugient dans un château laissé à l’abandon. Il est vite attiré par le portrait d’une jeune femme dont il en apprendra d’avantage par un livre. A en redouter de se faire « tirer le portrait » !

- Le monstre vert - Gérard de Nerval : Un conte curieux avec une bâtisse hantée qui terrorise les habitants et dans laquelle des bouteilles de vin aux bouchons verts et rouges dansent... Un homme va en boire une avec sa femme et neuf mois plus tard naitra un enfant d’apparence monstrueuse. Nouvelle moins captivante que les premières.

- La montre du doyen - Erckmann-Chatrian : Je ne pourrais pas parler de cette nouvelle car je n’ai pas pu la terminer. C’est l’effet du contexte dans lequel je l’ai lue qui ne m’a pas permis de l’apprécier et non le style des deux auteurs.

- L'homme à la cervelle d'or - Alphonse Daudet : Petit conte cynique sur la richesse intellectuelle. Nous suivons les aventures d’un jeune homme né avec une cervelle d’or et l’usage qu’il en fera au cours de sa vie. J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle pourtant je ne suis pas une grande admiratrice de Daudet.

- L'orgue du titan - George Sand : Nouvelle sur le mythe des titans. Bien qu’originale je trouve qu’elle dénote dans l’ensemble et n’a pas vraiment sa place dans ce recueil. Je n’ai pas vraiment adhéré à cette histoire.

- Véra - Auguste Villiers de l'Isle-Adam : Le petit bijou du recueil. Je ne connaissais pas les écrits de Villiers de l’Isle-Adam. Je projetais mollement de lire ses Contes cruels et maintenant je veux absolument les découvrir. Petite merveille du romantisme noir, l’auteur nous plonge avec poésie dans la douce folie d’amour d’un comte pour sa défunte épouse.

- La chevelure - Maupassant : Nouvelle à propos d’un passionné d’antiquités qui va découvrir à l’intérieur d’un vieux meuble, une tresse de cheveux blonds. Son obsédant et pervers amour pour cet objet incongru le conduira à sa perte.

- Je suis d'ailleurs - H. P. Lovecraft : le narrateur isolé ne sait ni qui il est ni d’où il vient. Récit étrange où l’horreur n’est pas là où on l’attend.

- La choucroute - Jean Ray : Nouvelle fantastique assez étrange car sur fond de choucroute, il fallait y penser ! Cependant on se laisse facilement emporter par ce récit.

- Le meneur de loups - Claude Seignolle : Un homme mystérieux et terrifiant vient frapper à la porte d’une chaumière afin d’être nourri lui et ses loups. Belle petite histoire pour ne plus avoir peur du loup.

- Escamotage - Richard Matheson : Cette nouvelle est ancrée dans une réalité quotidienne, c’est ce qui la rend encore plus fantastique. J’ai beaucoup aimé cette histoire, l’angoisse progresse sans recours aux monstres, vampires et autres créatures horrifiques, elle pourrait arriver à vous, à moi, à n’importe qui…

 

15.12.2011

30 ans sinon rien !

Non je ne vous parlerai pas de l’énième navet de Jennifer Garner.

Aujourd’hui, j’entre dans une nouvelle décennie, c’est triste car je ne vois pas les années passer.

pression socialeAdeptes sardiniens, la pression sociale à la dent dure. Naître de genre féminin comporte de nombreux inconvénients physiologiques et sociétaux.

A mon âge, culturellement, il est considéré comme « normal » d’être mariée et d’avoir un ou des enfants ou au moins d’essayer. Relisez Canguilhem et on en reparle.

N’ayant jamais eu l’instinct maternel fort développé, j’ai toujours su que les enfants ; si je devais en avoir, ça serait tard. Depuis des années, je réponds aux questions redondantes de mon entourage sur le sujet « si, si, j’y pense, dans 2/3 ans… peut-être… ». Le délai est largement dépassé et je suscite bien des interrogations.

Pour rassurer mes proches, je suis « casée » depuis plusieurs années. J’évite ainsi les rendez-vous arrangés avec le cousin Mathieu, le voisin Gustave, le postier, le frère de la cousine de la sœur à machin. Ouf !

Mais je n’évite pas les questions sur le mariage et les enfants. « Quand est-ce que tu te maries ? » « Et pourquoi t’es pas mariée ? » « Alors le mariage et le bébé ? » «  Et sinon le mariage ? » etc…

Noooooooooooon !! Epuisant… Pitié, foutez moi la paix.

J’ai travaillé longuement mon homme au corps pour refouler toute envie de mariage de sa part, ce n’est pas pour que l’entourage s’y mette !

A ce harcèlement, j’avance les arguments suivant : je suis pacsée et je partage un crédit immobilier sur 25 ans. En général cela suffit pour leur clouer le bec. « C’est bon, elle n’a pas de phobie de l’engagement, Dieu nous sauve ! »

Les plus insistants me rétorquent « Justement, pourquoi ne pas te marier ? ». Et pourquoi pas ? Qu’est-ce qui vous dérange ? T’es marié, t’es heureux, félicitations. Moi aussi. Je n'en éprouve ni l'envie ni le besoin,le mariage reste avant tout un acte administratif et non une preuve d'amour.

Vient ensuite la question des enfants. « Ha, mais ça fait longtemps que t’es avec ton mec, bientôt un bébé, non ? » Non.

J’ai subi pendant les deux dernières années une traque au fœtus continuelle de la part de mes collèguesharcelement_psycho.gif (et ça continue). Les armes de destruction massives utilisées : photos de bébé, douces paroles sur la maternité, albums de famille, extases forcées devant la grossesse d’une collègue, inspections hebdomadaires de la taille de mon ventre (jusqu’à soulever mon tee-shirt en pleine salle d’attente, devant mes clients, en criant bien fort « t’as grossi, je suis sûre, t’es enceinte et tu veux pas le dire ! » Non j’ai mangé beaucoup de chocolat, merci de ta compassion et pour ma perte de crédibilité professionnelle).

Les femmes n’ont quand même pas lutté pendant des années afin de disposer librement de leurs corps et de leurs avenirs pour régresser si vite. Car la pression la plus forte et insidieuse est celle des femmes envers les femmes, un comble !

« Et pourquoi t’en veux pas ? » me demande t-on souvent d’un œil méfiant comme si j’étais un monstre. Excusez-moi mais qui a dit que je n’en voulais pas ? Pas maintenant ne veut pas dire jamais.

Je constate autour de moi une explosion démographique (puisque c’est l’âge !). Tout le monde fait des bébés. À les entendre, la maternité c’est génial, la paternité c’est super ! Youpi tralala. Mais ils oublient que la gueule dans le cul, les yeux tirés avec des cernes  comme mes fesses, devenir parents n’est pas que joie et merveilles.

Je respecte le désir d’enfant de chacun, pourquoi ne respecte t’on pas le mien ? A croire que devenir parents est une secte dont les membres s’acharnent à vous rallier à leur cause.

Récemment j’ai découvert que je ne pourrais peut-être pas avoir d’enfant. En général, je  n’aime pas parler de moi à mon entourage (c’est réservé à mon blog). Mais là, je diffuse largement l’information, depuis je suis sereine. On ne me pose plus la question, c’est devenu tabou, je jubile ! Il faut bien que les problèmes de santé aient des avantages. Il y a d’autres façons « non naturelles » d’avoir des enfants mais visiblement ça ne rentre pas dans les critères cognitifs de la secte qui préfère taire le sujet. Merci.

La maternité n’est pas une fin, un but existentiel, mais une étape. J’ai tellement d’envies, de centres d’intérêts et de choses à explorer. Désolée d’avoir d’autres sens à ma vie et que cela vous déplaise.

Egoïste ? Peut-être mais pas plus que d’éprouver la nécessité de se reproduire.

On n’est pas ménopausée à 30 ans que je sache (sauf rares cas) ; je ne dicte à personne comment vivre sa vie alors ne me dites pas comment vivre la mienne.   

14.12.2011

Les noces funèbres (Corpse bride)

Tim, mon Dieu, mon Idole ! Je veux te jeter ma culotte (propre) à la tête et te crier mon Amour! Roulons-nous dans les cimetierres et les bois et enfantons de dizaines de Johnny Depp!

Non, je ne frôle pas l'hystérie.

Hier soir était diffusé le génialissime Noces funèbres du Maitre, co-réalisé avec Mike Johnson (bon lui on s’en fout un peu), mais quel outrage de la part de NT1 de le passer en deuxième partie de soirée. Non mais ça va pas ou quoi ? Surtout pour passer derrière Nos voisins les hommes...

les noces funèbres, tim burton

Du grand Burton comme j’aime. Ce film d’animation de 2005, est inspiré d’une légende russe dans laquelle une mariée décédée enlève un prince pour l’amener avec elle au royaume des morts.

Dans cette adaptation, Burton nous dépeint un monde des morts coloré, on boit, on chante, on rit et on s’entraide. A l’inverse le monde des vivants est froid, austère, hostile, les personnages sont égoïstes et cupides. La défunte mariée a plus de cœur (alors qu’elle n’en a plus) que les parents de Victoria, la promise de Victor.

Burton nous enchante par sa poésie. Fenêtre sur son monde sombre et romanesque, je m’y jette sans hésiter et sans même m’accrocher aux rideaux.

Filmé en stop-motion, c'est-à-dire image par image ; un travail colossal a été réalisé par les marionnettistes du film Ian Mackinnon et Peter Saunders et leurs animateurs. Imaginez la patience qu’il faut pour filmer image par image un projet d’une telle ampleur.

Ceci a nécessité la création de décors nombreux et vertigineux sous la houlette d’un chef décorateur  passionné et inspiré par Gaudi , ça ne pouvait être que fantastique. Une foule de techniciens monopolisés et un directeur artistique qui veille au grain. Des centaines de personnes nourrissant la même ardeur ont  collaboré à cette épopée burtonienne. En résulte la magie d’un monde gothique et attendrissant, sublimé par la musique de Danny Elfman.

Si comme moi vous vénérez l’œuvre de Burton, sachez qu’à partir du mois de mars 2012 une exposition, actuellement au Museum of modern art de New York, va s’exporter à la cinémathèque de Paris.

Mon compte en banque ne me permettant pas de prendre le premier avion pour la Big apple, j’attendrais Paris en trépignant de mes petits pieds ! J’ai hâte, j’ai hâte !

Je ne peux accorder qu’une seule critique à Tim Burton, c’est de partager le même coiffeur qu’Almodovar mais tant que ça n’enlève pas leurs génies…

13.12.2011

Le requiem de Maxime Chattam

Je viens de terminer « Le requiem des abysses ».

Je dois tout d’abord vous dire que je vénère l’auteur, pour des raisons qui m’échappent encore en partie. Je l’ai découvert il y a bientôt 10 ans avec « L’âme du mal » quand il était encore inconnu. Fervente lectrice et spectatrice de thrillers américains, avec une funèbre fascination pour l’étude psychologique des sérial killers ; je me désintéressais alors totalement du monde littéraire français (excepté Barjavel). Probablement du à mon dégout instauré par  l’école (voir ma note sur Hamlet).l'âme du mal, Maxime chattam

Bref j’avais piqué ce livre (et d’autres) à ma sœur, histoire de me faire gratuitement mon panier lecture de l’été. Et j’ai eu une révélation. Un auteur français pouvait écrire comme un américain, merde alors ! Aurais-je loupé quelque chose ?

les rivières pourpresA cette époque, je ne connaissais pas encore J-C Grangé, en raison de ma blonditude et de deux films.

Le premier :  les Rivières pourpres de Kassovitz que j’avais adoré jusqu’au 30 dernières minutes qui sont bâclées. On n’y croit plus du tout (d’ailleurs ayant lu depuis toute la bibliographie de Grangé, je lui reproche des fins « films hollywoodiens à gros budget avec scènes de cascade »  qui viennent gâcher l’intelligence de l’intrigue). Mais là n’est pas le sujet. Du coup je n’ai pas eu envie de lire le livre. Voila pourquoi je m’efforce dans la mesure du possible de lire un bouquin avant d’en voir l’adaptation cinématographique.

Le deuxième : Le pacte des loups de Christophe Gans que j’ai détesté. Pourtant il y avait mon fantasme le pacte des loupsdu moment : Mark Dacascos ( le Crying freeman du même réalisateur, adapté du manga de Ryôichi Ikegami et  Kazuo Koike). Et donc j’ai confondu ce titre avec « L’empire des loups », le livre de Grangé, excellent lui, malgré une fin encore spectaculaire (le film français qui en est tiré par contre lui est bof, bof. Ca c’est de la critique constructive !)

Donc revenons à Maxime Chattam qui m’est apparu comme un géni. J’ai depuis toujours dévoré ce qu’il écrivait, il aurait pu me donner sa liste de course, j’en aurais été surement ravie.

J’ai été admirative devant la trilogie du mal  composée de

- L’Ame du Mal (2002), Michel Lafon & Pocket.
- In Tenebris (2003), Michel Lafon & Pocket.
- Maléfices (2004), Michel Lafon & Pocket.

Ces trois livres sont géniaux et peuvent se lire indépendamment. Ensuite j’ai adoré :

 - Le Sang du Temps (2005), Michel Lafon & Pocket.

Et puis déception, j’ai été moins convaincue par la trilogie suivante Le cycle de l’Homme :

 - Les Arcanes du Chaos (2006), Albin Michel & Pocket
- Prédateurs (2007), Albin Michel & Pocket
- La Théorie Gaïa (2008), Albin Michel & Pocket

Seul « Les arcanes du chaos » ont su me transporter dans l’univers  particulier, sombre et haletant du romancier.


Puis j’ai lu :

- Le 5éme Règne (2003),Michel Lafon & Pocket.
Plus fantastique que thriller, j’ai retrouvé mon âme d’ado et l’ambiance de «  Ca » de Stephen King. Normal, c’est aussi le fondement de l’imaginaire de l’auteur avec les Goonies. Délicieuse régression dans cette aventure. Sa saga fantastique « Autre monde » est de la même veine. Pour l’instant j’aime bien mais 9 tomes sont au programme, je ne sais pas si j’aurais la patience d’aller jusque là.
- Autre-Monde : L’Alliance des Trois T1 (2008), Albin Michel
- Autre-Monde : Malronce T2 (2009), Albin Michel
- Autre-Monde : le cœur de la Terre T3 (2010), Albin Michel

Le tome 4 : Entropia, vient de sortir.

Entre-temps un autre thriller :

- La promesse des Ténèbres (2009), Albin Michel ; qui renoue avec le talent de la trilogie du mal.


Et tout récemment le Dyptique du Temps commencé avec :
- Leviatemps (2010), Albin Michel
Nouvelle déception, je n’ai pas du tout accroché. Cette fois l’auteur nous transpose dans le passé, à l’exposition universelle de Paris en 1900. Même si l’auteur sait nous dépeindre l’ambiance générale de l’époque, l’histoire peine à avancer. Le côté histoire gothique type Jack l’éventreur, est vu et revu. La machination infernale du grand méchant devrait être mise en exergue, elle passe un peu à la trappe. Elle aurait méritée d’être développée.

Cette dyptique est clôturée par :
- Le Requiem des abysses (2011), Albin Michel

requiem des abysses, maxime chattam

Suite de Leviatemps, elle est de bien meilleure qualité, avec plus d’action, une intrigue plus finement menée. Il aurait du condenser les deux livres en un, ça aurait été beaucoup mieux, mais je le comprends, il faut bien payer ses impôts.

A travers son récit, il essaye de nous mener en bateau sur l’identité du tueur. Personnellement, je le sentais venir depuis le 1er tome ; à force de lire et de voir des thrillers, je deviens difficilement étonnable.

Donc ce deuxième opus est franchement mieux mais je n’ai pas été aussi enthousiasmée qu’à l’accoutumé.

Maxime Chattam est un boulimique d’écriture, il sort au moins deux livres par an, à grands renfort de marketing, de regard de beau brun ténébreux et de sourire bright. Ce qui doit faire plaisir à son éditeur et à son banquier. Mais du coup à trop vouloir en faire, il finit par faire moins bien.

J’espère qu’il ne se laissera pas griser par le succès et saura me faire vibrer comme au bon vieux temps.

N’empêche qu’il reste toujours pour moi un homme sacré. C’est grâce à lui que je me suis mise à l’écriture, que j’ai découvert d’autres auteurs dont Franck Thilliez (taillé dans le même bois) et que j’ai redécouvert Grangé dont il se veut un disciple.

De plus, pour l’avoir rencontré au salon du livre de Paris, je l’ai trouvé charmant. Il avait passé des heures auprès d’une foule de fans sur son stand Albin Michel ; pour venir tout penaud et simplement, passer une heure supplémentaire sur celui de France Loisirs. Moi, tout ce monde m’a déjà soulée au bout de 10 minutes !

Il prend le temps avec chacun de ces fans, est très accessible et surtout il garde toujours le sourire, chapeau !

A côté de lui sur un autre stand Patricia Kaas était venue dédicacer sa biographie qu’elle n’a même pas écrite; entourée de gardes du corps et de photographes. Bien sûr avec des lunettes de soleil de star (parce c’est très ensoleillé à l’intérieur), c’était pathétique.

 

11.12.2011

"Le nécrophile" de Gabrielle Wittkop

ballerine DaliAmes sensibles s'abstenir car tout est dans le titre.

A noter au passage, sur mon édition, la couverture du livre est un tableau de Dali "Ballerine et tête de mort », comme j'admire le peintre, j’en profite.

 

Pour les autres, il s'agit d'une courte nouvelle, on va dire érotique, qui relate le journal intime d'un nécrophile.

 

Ce qui m'a plu : le sujet car rarement abordé en littérature. Il fallait oser écrire sur ce tabou surtout en 1972. J'ai apprécié la poésie avec laquelle le protagoniste décrit les morts, son amour pour eux, l'abandon redouté et contraint par la décomposition des corps. On en arrive presque à comprendre ce qu'un nécrophile véritable peut éprouver.

Ce qui m'a déplu : quand il s'exprime sur ce qu'il a fait avec des cadavres d'enfants. Même si les mots sont choisis, le sujet n'en reste pas moins délicat. Ca reste assez difficle à lire car justement c'est écrit avec finesse, sensualité et amour, pour un sujet si morbide.

C'est le paradoxe des mots,des sentiments avec le thème qui fait à mon sens la beauté du livre et  provoque à la fois du rejet.

A lire par un public averti.

 

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