02.02.2012

Dark Va-dehors vs Luc S’caille-les-walkers

Ce week-end nous avions du monde à la maison. Après un repas tardif et copieux (encore un, mais ma balance m’aime et ne m’en tient pas rigueur), nos convives avaient décidé de regagner leur chambre.

Mon homme et moi étions restés encore un moment dans le salon, par terre au pied du canapé pourtant libre, à se geler les fesses sur le carrelage froid. J’entends déjà vos exclamations envieuses : « Oh qu’ils sont courageux ! ». Pourquoi cet entrainement improvisé à des conditions de vie difficiles et dignes de Koh Lanta ? Nul ne le sait.

Quoiqu’il en soit, nous étions plongé dans un discours enflammé sur la valeur propédeutique dans l‘enseignement de Socrate. Meu nan ! Je plaisante, on regardait la liste affichée sur l’écran télé des chansons que nous étions en train d’écouter. Merveilleux spectacle, heu... en même temps il était tard.

Soudain un air connu chatoie nos oreilles et ravive nos souvenirs : le générique de Star Wars. Ta tatata ta taa tatata ta...

star wars

Ni une ni deux, nous partîmes dans une lutte acharnée entre le Côté obscur et le Côté lumineux, armés de la Force et de nos sabres laser (en vrai  un vieux curly et un stylo bille).

Après roulades, cascades périlleuses par-dessus un pouf et destruction du curlylaser, mon Jedi de chéri prend le dessus.

Il se relève et me déclare d’une voix grave :

- «  Luc, tu es mon fils ! »*.

La moquerie et le sarcasme m’étant inconnus, je ne me suis donc pas moquée de lui en gloussant comme une dinde pendant un quart d’heure, non, non, non.

Après avoir confondu le Lac des cygnes et la musique de Star Wars (ici), mon homme a décidément bien du mal avec cette série culte. Sur ce final mémorable, nous avons décidé d’aller nous coucher.

Et après on ose encore nous demander pourquoi on n’a pas d’enfants.

 

* Pour les jeunes Padawan débarquant d’un monde parallèle dans lequel Star Wars n’existerait pas, sachez que la réplique officielle est « Luc, je suis ton père ». Vous noterez qu’il avait quand même retenu l’idée générale.

01.02.2012

Modus Operandi de Marin Ledun

Culturons à nouveau un peu ce blog, encombré en ce moment par d'incroyables et fabuleuses aventures de pop corn, d’écriture et de rencontres indigènes (oui, je viens de découvrir les liens hypertextes).

Suite à mon engouement pour Marin Ledun dans Zone est , j’avais commandé au papa Noël plusieurs de ses livres. N’ayant pas pu attendre patiemment devant la cheminée (que je n’ai pas), j’ai acheté en format poche Modus operandi.

modus operandi, marin ledunCe polar est, je crois, son premier, publié aux éditons Au diable vauvert en 2007.

L’histoire en bref : un flic perturbé, alcoolique, mène une vie sentimentale de looser et doit enquêter en sous-marin (blague) sur la disparition de trois jeunes adolescents à Grenoble.

Si l’histoire de base est assez classique, Marin Ledun a tenté une fin à la Shutter island, mais n’est pas Dennis Lehane qui veut.

Bien qu’il arrive à disséminer à travers son récit des indices de façon subtile, tout lecteur assidu de thriller peut quand même se douter du dénouement final. Par contre il en fait trop dans son retournement, ça perd en crédibilité. Et il y a quelques éléments qui ne collent pas tout au long de l’histoire et qui m’ont perturbée. J’ai quand même été prise par le récit jusqu’aux trente dernières pages, la fin m’a déçue.

Cependant comme c’était son premier polar et qu’il est physiquement intelligent, je pardonne ses tâtonnements de débutant. Oui, c’est trivial comme argument mais le monde de l’édition est hostile et implacable. Modus operandi reste plaisant à lire.

Par contre j’ai noté les prémices de son problème de « seins lourds » qui fait déjà son apparition. C’est peut-être une petite phrase noyée parmi 344 pages mais c’est comme le tic tac d’une horloge ou le flic floc d’un robinet mal fermé. Quand ça fait partie du décor, on n’y fait pas attention, mais il suffit de s’y intéresser pour que ça devienne une petite chose agaçante et obsessionnelle que l’on repère instantannément.

Marin Ledun prétend choisir le roman noir comme moyen d’expression privilégié afin de donner un regard critique et acerbe sur les dérives de notre société, soit mais je n’ai rien trouvé de transcendantal dans Modus operandi. J’espère bien retrouver sa verve et son talent dans La guerre des vanités et surtout dans Les visages écrasés. Ce dernier roman semble plus proche de son terrain d’étude : la souffrance au travail et donc du mien et je l’attends plus pertinent et percutant dans son approche. Ensuite j’attaquerais sa thèse de doctorat qui m’a l’air particulièrement intéressante et son essai co-ecrit avec sa collègue psychiatre à France Télécom.  Je vous donnerais donc mon avis même si vous vous en foutez quand tout ceci sera ingurgité et digéré par mon esprit faible et mes neurones fatigués.

Bien que moyennement emballée par ce bouquin, je vous le conseille tout de même.

30.01.2012

My tailor is rich and I’m a palmer

Vous qui admirez ma prose dans la langue de Molière, imaginez un instant l’effet produit dans celle de Shakespeare, sublime, isn’t it ?

Que les professeurs d’anglais et les bilingues passent leur chemin sous peine d’infarctus, de combustion spontanée ou d’excès de fou rire.

Pendant nos vacances à la montagne, nous avons rencontré des touristes étrangers.

Joseph était australien. Discuter avec un Aussie, c’est comme parler avec sa grand-mère qui aurait oublié son dentier et qui mangerait un sandwich taille XL en une seule bouchée. L’australien à la particularité de mâcher ses mots et de les recracher en une bave incompréhensible. Mais comprendre un australien en cagoule, sur un télésiège et dans le vent, c’est une prouesse technique que j’ai relevé avec brio… enfin presque…rien que pour vous (et un peu aussi parce qu’on se fait chier sur un télésiège).

J’entame donc la conversation avec Joseph, mon voisin de siège, car je suis une fille sympathique. Je commence par nos origines géographiques respectives. Il trouve Paris magnifique, je lui réponds que c’est aussi une ville relativement chère. Pour lui c’est cheap parce que Perth fait partie des villes les plus coûteuses au monde (adieu mes rêves de conquête de l’Australie).  Nous en venons aux professions. De ma suave et délicate voix teintée d’un très léger accent français, je questionne : What do you do for living ? En vrai, il faut dire for a living mais je ne m’en rappelais plus sur le coup, j’aurais pu faire plus simple avec what is your job, ma logique étant peu commune, je n’y ai pas non plus pensé. L’essentiel c’est qu’il m’ait comprise.

 Il répond : I’m a palmer.

A palmer… le mot interpelle mes neurones endormis qui surpris pendant leur sieste, s’entrechoquent et c’est le bordel. La première image qui me vient est un palmier. J’en déduis que c’est une sorte de jardinier qui plante des palmiers, il doit bien y en avoir en Australie…

Pas du tout. Inutile de chercher dans Reverso, palmer n’existe pas et ne veut rien dire ; palmier se traduisant par palm tree. Oui, je représente une concurrence déloyale pour Dora l’exploratrice, j’en suis bien consciente.

Joseph a du voir passer le poisson rouge en apnée devant mes yeux et a décidé de venir à mon secours. Il me dit que je ne le comprends sûrement pas parce qu’il parle trop vite. Je dis non ce n’est pas la vitesse mais l’accent qui me pose problème, and can you please put off your …cagoule ? Cagoule doit être un mot universel car il s’exécute puis me parle de tuyaux, de sanitaires, de baignoires…

Illumination soudaine : Haaa! You’re a PLUMBER, like Mario Bross. Notez au passage la finesse de mes références internationales, bluffant.

Il part dans une explication sur son apprentissage ; je me dis que l’alternance ne doit pas être rémunérée au même taux que chez nous, pour s’offrir deux semaines de ski à l’autre bout du globe.

Mon homme ayant uniquement compris une petite partie de notre conversation tente une phrase. Il y a plus ridicule que moi parlant anglais, il y a mon homme, grand moment de rigolade, j’en tomberais presque du télésiège.  

Ensuite joseph s’enflamme dans un monologue cagoulé. Je me noie, il le voit, tente un repêchage, une fois, deux fois mais là point d’illumination ; je ne comprends rien du tout. Ouf ! C’est l’arrivée du télésiège, on n’aura jamais compris ses dernières paroles.

Télésiège suivant, car rien ne m’arrête, j’entre en contact avec Gleen un londonien. Cette fois son accent est parfait.

Il me dit : I’m a palmer. Merde, ça recommence !

Je comprends ensuite : I’m a planner. Aprés aucune difficulté pour comprendre qu’il est manager dans un pub et qu’il boit beaucoup de bières. Ça tombe bien on doit partir en Angleterre en juillet. Mon cerveau ne ferait-il d’effort que pour les informations vitales ?

Moralité : j’ai trop regardé Les dessous de Palm beach quand j’étais jeune. Si Rob Estes ressemblait à Derrick, je n’aurais pas vu  des palmiers partout 15 ans plus tard.

les dessous de palm beach